Le régime Assad détruit la source d’eau potable Aïn al-Fijé et viole plusieurs principes du droit international

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Samira MOBAIED, Chercheuse en Ecologie

Nombreuses sont les violations du droit international humanitaire commises par le régime de Bachar Al Assad et de ses alliés. La dernière violation date du 26 décembre 2016 quand le régime d’Assad a détruit la principale source d’eau potable de Damas Aïn al-Fijé située dans la région de Wadi Barada.

La destruction de la source a été perpétrée au moyen de deux barils d’explosifs largués par les avions militaires du régime syrien sur le centre de distribution des eaux. Un documentaire-vidéo montre le bombardement sur ce lien 

Les barils ont endommagé les pompes de distribution et touché des réserves de diesel ce qui a causé la pollution de l’eau et entraîné une coupure d’eau à Damas depuis le 26 décembre 2016.

Selon les Conventions de Genève qui fixent des limites à la barbarie de la guerre et le Protocole I de 1977, instruments que la Syrie a signés en 1983, cet acte commis par le régime viole les articles suivants :

Article 35, Règles fondamentales :

Il est interdit d’utiliser des méthodes ou moyens de guerre qui sont conçus pour causer, ou dont on peut attendre qu’ils causeront, des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel.

Article 54, La protection des biens indispensables à la survie de la population civile :

Il est interdit d’attaquer, de détruire, d’enlever ou de mettre hors d’usage des biens indispensables à la survie de la population civile, tels que des denrées alimentaires et les zones agricoles qui les produisent, les récoltes, le bétail, les installations et réserves d’eau potable et les ouvrages d’irrigation, en vue d’en priver, à raison de leur valeur de subsistance, la population civile ou la Partie adverse, quel que soit le motif dont on s’inspire, que ce soit pour affamer des personnes civiles, provoquer leur déplacement ou pour toute autre raison.

Nous confirmons que le but du régime de Bachar Al Assad en ciblant la source d’eau potable Aïn al-Fijé est de provoquer le déplacement des habitants de Wadi Barada de Damas qui ont refusé de partir ce qui s’inscrit dans le cadre de sa stratégie du changement démographique de la ville.

Ce n’est pas tout. Par cet acte barbare le régime a également violé l’article 55 du même Protocole qui évoque la protection de l’environnement naturel :

  1. La guerre sera conduite en veillant à protéger l’environnement naturel contre des dommages étendus, durables et graves. Cette protection inclut l’interdiction d’utiliser des méthodes ou moyens de guerre conçus pour causer ou dont on peut attendre qu’ils causent de tels dommages à l’environnement naturel, compromettant, de ce fait, la santé ou la survie de la population.
  2. Les attaques contre l’environnement naturel à titre de représailles sont interdites.

Ces actes qui détruisent l’environnement d’une façon irréversible est privent les syriens de leurs ressources naturelles ne peuvent pas rester sans punition.

Nous signalons aussi que la Syrie a signé la Convention de 1976 sur l’utilisation des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles mais ne l’a pas ratifiée. D’autres pays qui participent avec le régime syrien à la destruction de l’environnement y sont Parties et doivent cesser d’aider le régime de Bachar Al Assad à commettre ces actes contraire à la Convention.  Car l’Article Premier dispose clairement que « Chaque État partie à la présente Convention s’engage à ne pas utiliser à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles des techniques de modification de l’environnement ayant des effets étendus, durables ou graves, en tant que moyens de causer des destructions, des dommages ou des préjudices à tout autre État partie ».

Tout Etat Partie à la Convention s’engage aussi à n’aider, encourager ou inciter aucun Etat, groupe d’Etats ou organisation internationale à mener des activités contraires aux dispositions du cet article.  L’expression “techniques de modification de l’environnement” désigne toute technique ayant pour objet de modifier – grâce à une manipulation délibérée de processus naturels – la dynamique, la composition ou la structure de la Terre, y compris ses biotes, sa lithosphère, son hydrosphère et son atmosphère, ou l’espace extra atmosphérique »  ce qui est le cas de la destruction de Aïn al-Fijé  unique source d’eau potable de Damas et sa banlieue, une destruction qui met en danger des millions de vies humaines.

 

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