L’enfant d’Alep

0 432
Zahia Darkazanli

Ce cynisme morbide serait drôle s’il ne s’agissait pas de la vie d’un enfant de 13 ans.

Il y a 2 jours, Ahmad Jawish vend à la sauvette de quoi se nourrir dans les rues du quartier huppé de Mogambo à Alep lorsqu’il est abattu devant commerçants et badauds.
Hussein Diab, gouverneur d’Alep déclare aujourd’hui que le “crime ne restera pas impuni” et que “depuis les premiers instants, tous les organes de sécurité et la police recherchent les auteurs”. Il ajoute que “qui pense être au-dessus de la loi est dans l’erreur et (qu’on) lui coupera la main et (qu’on) appliquera sur lui la plus stricte punition”.
Jusqu’ici, tout va bien.

Mais il conclut : “la Syrie est un État d’institutions et de Droit et la priorité est de maintenir ces institutions et de ne permettre à personne d’aller au-delà des limites de la loi car la sécurité du citoyen est une ligne rouge”.
Sérieusement ?!

En mars 2011, avant que Hamza Al-Khatib et ses camarades, enfants du même âge qu’Ahmad Jawish, sortent morts de vos services de renseignement à Deraa, les corps tuméfiés et mutilés, la seule réponse du gouverneur de la ville aux familles qui demandaient leur libération était : “rentrez chez vous et faites d’autres enfants, si vous ne savez pas comment faire, amenez vos femmes on s’en occupe”.

La vérité derrière votre zèle aujourd’hui, c’est que Mogambo, dans la partie ouest d’Alep, vous a jusqu’ici épargnés en ne se joignant pas au soulèvement populaire du reste de la ville (et du pays). Que ce crime, perpétré encore une fois par vos sbires au dessus des lois, a eu lieu en plein jour devant la bourgeoisie alépine… Et qu’il vaut mieux faire taire le peu de partisans qu’il vous reste car il finirait par comprendre que la “libération” d’Alep n’est qu’un leurre !

Leave A Reply

Your email address will not be published.